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Portrait de femme : Aurélie Maloubier, engagée pour le golf

1er juillet 2026 479

Rencontre avec Aurélie Maloubier, directrice du Golf de Montereau-La Forteresse, qui partage son parcours, son engagement au service du golf français et sa vision d'un sport plus accessible, plus moderne et plus féminin.

  • Vous dirigez le Golf de Montereau-La Forteresse tout en étant impliquée au sein de plusieurs instances du golf français. Comment votre parcours vous a-t-il conduite à assumer ces différentes responsabilités ?


Le Golf de Montereau-La Forteresse, c'est avant tout une histoire familiale. Mes parents, Michèle et François Crapard, l'ont créé en 1987 sur leur domaine agricole, avant d'en ouvrir les portes en septembre 1988 : une reconversion audacieuse, un véritable pari à l'époque.
En 2009, mon père m'a proposé de le rejoindre pour reprendre la direction du golf. Je travaillais alors dans le marketing du luxe et j'étais enceinte de mon deuxième enfant mais ce challenge m'a immédiatement motivée. La gestion quotidienne du club m'a permis d'acquérir une vision très concrète des enjeux d'exploitation, du développement commercial et de l’accueil des pratiquants.
Notre adhésion depuis 1993 au Réseau Golfy m'a aussi donné l'occasion, chaque année lors du congrès, d'échanger avec d'autres directeurs et directrices sur nos problématiques communes. Et comme mon père était déjà membre de l'ADGF (Association des Directeurs de Golf Français), il était naturel pour moi de m'y engager à mon tour : j'ai intégré le bureau de l'ADGF en 2019.
Puis en 2020, Pascal Grizot m'a proposé de rejoindre sa liste pour le comité directeur de la FFGOLF, autour d'un projet structuré en trois piliers : le sport, le développement et la transition écologique. C'était la première fois que des représentants de golfs commerciaux (GEGF) intégraient ce comité, une avancée qui m'a semblé essentielle pour contribuer au développement de notre sport et travailler collectivement au service des clubs et des territoires.
C'est cette expérience de terrain qui m'a progressivement amenée à m'investir dans les instances de la filière golfique, avec l'envie de participer aux réflexions collectives et à l'évolution de notre secteur. Je vois ces responsabilités comme complémentaires : elles me permettent de faire le lien entre les réalités du terrain et les orientations stratégiques de la filière.

  • Qu'est-ce qui vous motive à vous investir au sein des instances de la filière golfique, en parallèle de la gestion quotidienne d'un établissement ?


Ce qui me motive, c'est avant tout de pouvoir faire le lien entre le terrain et les grandes orientations de notre filière. Quand on dirige un golf au quotidien, on est confronté très concrètement aux enjeux d'exploitation, à la fréquentation, à la fidélisation des joueurs. Siéger dans ces instances me permet de porter cette réalité de terrain dans les réflexions collectives et notamment de défendre la voix des golfs commerciaux et indépendants, qui ont des problématiques spécifiques.
C'est aussi une manière de sortir de l'isolement du quotidien. Échanger avec d'autres directeurs et directrices, confronter nos expériences, partager les solutions qui fonctionnent ailleurs, c'est extrêmement enrichissant, et ça nourrit directement ma façon de gérer mon propre établissement.
Concrètement, je m'investis aujourd'hui au sein du comité stratégique développement de la FFGOLF, avec un objectif qui me tient particulièrement à cœur : développer la pratique du golf et aller chercher de nouveaux licenciés. C'est un enjeu essentiel pour l'avenir de notre sport. Il faut parvenir à élargir notre base de pratiquants, à rendre le golf plus accessible et plus attractif, notamment pour des publics qui n'y pensent pas naturellement. C'est ce travail de fond, sur le développement de la pratique, qui donne tout son sens à mon engagement au-delà de la gestion quotidienne de mon golf.

"Il faut que l’on accepte de changer les codes : moderniser nos clubs ... montrer que le golf peut être convivial, dynamique, accessible..."
"Il faut que l’on accepte de changer les codes : moderniser nos clubs ... montrer que le golf peut être convivial, dynamique, accessible..."
"Le parcours, varié et plein de caractère, s'inscrit pleinement dans ce cadre exceptionnel"
"Le parcours, varié et plein de caractère, s'inscrit pleinement dans ce cadre exceptionnel"
  • Selon vous, quels sont aujourd'hui les principaux défis que doivent relever les golfs pour continuer à attirer et fidéliser les pratiquants ?


Je crois que le principal défi, c'est de rajeunir notre population de pratiquants. Aujourd'hui, le golf reste encore très marqué par une image de sport pour seniors, et il faut qu'on parvienne à attirer une clientèle plus jeune, plus diverse, qui se projette dans la pratique sur le long terme.
Pour cela, il faut avant tout changer l'image du golf, et celle du golfeur. Trop de gens pensent encore que c'est un sport élitiste, réservé à une certaine catégorie sociale, alors que c'est avant tout un vrai sport, exigeant physiquement et mentalement, accessible à tous dès qu'on lève certains freins, notamment financiers et culturels.
Il faut que l’on accepte de changer les codes : moderniser nos clubs, proposer des formats de jeu plus courts et plus ludiques, casser certains rituels qui peuvent paraître intimidants pour un nouveau public, et communiquer différemment pour montrer que le golf peut être convivial, dynamique, accessible, et pas uniquement traditionnel. C'est en travaillant sur cette image et sur ces nouveaux usages qu'on parviendra à attirer durablement les pratiquants de demain.

"Un domaine de nature préservée, avec ses bâtiments classés et ses pierres anciennes qui racontent une histoire de plusieurs siècles"
"Un domaine de nature préservée, avec ses bâtiments classés et ses pierres anciennes qui racontent une histoire de plusieurs siècles"
  • La place des femmes dans les métiers du golf évolue progressivement. Quel regard portez-vous sur cette évolution et quels progrès souhaitez-vous voir dans les années à venir ?


C'est un sujet qui me tient à cœur, et que je vis aussi à travers mon propre parcours. Mon arrivée à la direction du golf s'est faite dans un contexte familial, ce qui a sans doute facilité les choses au départ. Mais cela ne veut pas dire que tout a été simple pour autant : je me souviens qu'à mes débuts, au sein de l’équipe terrain, on se disait que je n'y connaissais rien au gazon. Dans un secteur encore très masculin, il faut parfois davantage s'affirmer pour faire entendre sa voix et être prise au sérieux.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les femmes ne représentent aujourd'hui que 26% des licenciés à la ffgolf. C'est peu, et ça montre bien le chemin qu'il reste à parcourir pour féminiser notre sport, à tous les niveaux pratique, métiers et gouvernance.
Et pourtant, on a la preuve que les femmes peuvent briller au plus haut niveau du golf : Céline Boutier en est l'exemple parfait. Elle a longtemps évolué dans le top mondial, a remporté un Majeur, et porte depuis des années les couleurs du golf féminin français au plus haut niveau. C’est une ambassadrice : une championne comme elle peut donner envie à beaucoup de jeunes filles de se lancer.
Je constate que les choses évoluent malgré tout, progressivement. On voit de plus en plus de femmes accéder à des postes de direction, mais aussi s'investir dans des métiers où elles étaient historiquement très peu représentées comme le greenkeeping ou l'enseignement. C'est une évolution encourageante, mais elle reste lente.
Pour les années à venir, j'aimerais voir des progrès sur plusieurs fronts à la fois : davantage de femmes aux postes de décision, bien sûr, mais aussi plus de femmes pratiquantes sur le terrain, et plus de femmes dans les métiers techniques du golf. Ces différents niveaux sont liés : plus on verra de femmes visibles et reconnues dans tous les métiers du golf, y compris au plus haut niveau, plus cela donnera envie à d'autres femmes de s'y engager, que ce soit comme joueuses, comme professionnelles ou comme dirigeantes. C'est cette dynamique d'ensemble qui me semble essentielle à encourager.

Si vous deviez donner une seule bonne raison aux membres Golfy de découvrir le Golf de Montereau-La Forteresse, laquelle choisiriez-vous ?


S'il fallait n'en choisir qu'une, ce serait le cadre : le Golf de Montereau-La Forteresse est un domaine de nature préservée, avec ses bâtiments classés et ses pierres anciennes qui racontent une histoire de plusieurs siècles. On ne joue pas simplement sur un parcours, on évolue au cœur d'un patrimoine vivant, c'est ce qui rend chaque partie unique.
Le parcours, varié et plein de caractère, s'inscrit pleinement dans ce cadre exceptionnel. Et l'expérience se prolonge naturellement à table, avec une cuisine soignée à savourer sur notre terrasse, face à ce paysage remarquable.
Tout cela, on le vit dans un esprit de convivialité qui fait la différence : un golf où l'on se sent accueilli, où l'on prend le temps de partager un moment, pas seulement de jouer une partie. C'est exactement ce que je voudrais que les membres Golfy viennent découvrir.

Golf de Montereau-La Forteresse
Domaine de La Forteresse
77940 Thoury-Ferrottes
01 60 96 95 10
contact@golf-forteresse.com
hwww.golf-forteresse.com

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